Nitassinan, le 8 avril 2016. Les Chefs de la Nation Innue interviennent dans le débat de la sécurité publique dans les communautés des Premières Nations au Québec. Le message est clair : la sécurité publique en milieu innu est un service essentiel. Les leaders politiques Innus veulent et aspirent à se doter de corps policier innu local et permanent pour l’ensemble de ses communautés qui répond à leur identité culturelle et linguistique. La présence de la Sureté du Québec dans les communautés n’est qu’une solution transitoire et n’est pas la solution durable souhaitée par les Chefs de la Nation Innue.

La Nation Innue reprend et supporte les propos du Chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et Labrador (APNQL), M. Ghislain Picard, qui mentionnait le 1er avril dernier que « Les nouveaux cas allégués d’abus de femmes autochtones par des policiers de la Sûreté du Québec révélés par l’émission Enquête font la démonstration que le système est malade. Il revient au premier ministre du Québec et à son ministre de la Sécurité publique de prendre la seule décision logique d’instituer des mesures correctrices et de répondre à une situation urgente et aberrante ».

Aujourd’hui, l’APNQL réitère dans un nouveau communiqué, qu’elle est extrêmement troublée par la nouvelle tragédie du Lac-Simon…….Les Chefs de la Nation Innue supportent l’appel lancé aux ministres Coiteux et Goodale par le Chef Ghislain Picard, afin qu’ils se penchent sans tarder sur la situation de la sécurité publique au sein des communautés. Rappelons que l’APNQL tente en vain, depuis janvier 2016, de confirmer une rencontre avec les deux ministres responsables de la Sécurité publique afin de trouver des solutions viables, durables et équitables au sous-financement chronique flagrant des services policiers des Premières Nations. Cette absence de réponse des ministres perpétue le déséquilibre dans le traitement des Premières Nations au sein du système de justice.

Le Chef Picard a raison de mentionner que « Nous allons continuer d’exiger une enquête indépendante qui fera la lumière sur les relations entre les services policiers et nos populations. C’est la position claire de nos chefs…..Les événements tragiques de Lac-Simon font les frais d’une évidence indéniable : alors qu’on attend de nos services policiers des Premières Nations qu’ils assurent la sécurité de nos populations, ils disposent de moyens et de ressources nettement inférieurs à ceux de corps de police comparables », conclut le chef Picard.

Le présent communiqué fait suite aux évènements suivants:

  • les deux émissions Enquête du 22 octobre 2015 et du 31 mars 2016 sur des cas allégués d’abus de femmes autochtones par des policiers de la Sûreté du Québec ;
  • aux difficultés rencontrées par la communauté d’Opitciwan de conclure une entente sur ses services policiers avec les gouvernements ;
  • derniers événements tragiques à Lac-Simon survenus le mercredi 6 avril 2016.

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Serge Ashini Goupil
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